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Lundi 2 mars 2009
     Lancelot, le premier chevalier. Bon. Le scénario est déjà un peu discutable. La légende arthurienne est à tout le monde, et elle a été récupérée, remaniée, assaisonnée à toutes les sauces. Mais quand même. Une des grandes constantes de toutes les versions, c'est la fin. Arthur sur sa barge avec trois silhouettes féminines. Là, on le pose sur un radeau qu'on enflamme ensuite, à la mode viking. Alors qu'on a clairement dit à plusieurs que c'était un roi très chrétien. Et puis Lancelot survit à Arthur, qui lui a confié Guenièvre. J'imagine qu'ils vont vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants. Dont l'aîné deviendra roi. Car l'autre particularité de la légende, quelle qu'en soit la version, c'est qu'elle marque le passage d'une époque à une autre, avec la Terre qui se retrouve sans roi. L'héritier, Gauvain (qui joue ici un figurant) étant mort dans la quête du Graal. Comme cet Arthur-ci ne cherche pas le Graal, ça complique un peu tout... mais ça explique pourquoi il n'y a pas les fameuses trois femmes sur sa barge: ni Morgane, ni Viviane, ni Ygraine, (ni Merlin)...
      Mais le pire, c'est sans doute les décors et les costumes. Difficile de savoir à quelle époque on se trouve. John Boorman avait adapté l'histoire en la transposant au XVIème siècle. Ca vaut ce que ça vaut, mais au moins l'ensemble est cohérent. Là... Les intérieurs sont romans, les extérieurs gothiques dans certains bâtiments, et l'inverse dans d'autres. A Camelot, les grandes fenêtres sont fin XXème siècle. Alors disons que la légende est atemporelle, éternelle... avec des croix celtiques dans des églises gothiques. Comme ça, on peut aussi se débarasser des costumes. Les paysans sont vêtus comme à la fin du Moyen-Age, et les chevaliers... ben, les chevaliers, ils portent un joli uniforme de police du XXIIème siècle, sans armure, avec un casque. Lequel est le Chevalier au Lion, lequel le Chevalier Blanc? Aucun, ils sont tous bleus. Et ils mlettent des beaux costumes de dressage canin pour "courir la boulie" sur un invraisemblable parcours digne d'Indiana Jones.
     Alors disons que... et que... licence poétique, licence poétique. Et Excalibur, dans tout ça? Elle ressemble aux autres épées, et un gros plan nous montre bien qu'elle porte une croix sur son pommeau. Une croix. Excalibur. Dans les versions païennes, elle vient du Dragon (les puissances divines), par l'intermédiaire de la Dame du Lac. Et elle n'a certainement pas une croix chrétienne en décoration. dans les versions chrétiennes, c'est l'épée du roi Salomon. Qui vivait douze siècle avant Jésus...
     Ah! Mais, personne n'a dit que c'était Excalibur! En fait, cet Arthur n'a ni soeur, ni famille, ni épée, ni enchanteur... ni voix. Parce que Sean Connery, je l'aime bien, mais la voix qu'ils lui ont donné dans la version française! Franchement, ils auraient pu faire mieux!
     Alors voilà... j'aime beaucoup Sean Connery, et Julia Ormond est sublime dans ces costumes. Pour ces raisons et par charité, je m'arrête là. Encore un film qui aurait pû être réussi, si les producteurs avaient engagé un costumier et un décorateur au lieu de designers. Et peut-être quelqu'un qui a lu les légendes. Parce que Disney est plus crédible sur le contenu. C'est dire...
Par jfmop - Publié dans : billets d'humeur
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