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Mercredi 28 janvier 2009
     Nous croisons tous, tous les jours, des véhicules de société qui affichent fièrement le nom et les coordonnées de leur entreprise. C'est une façon de se faire connaître, de faire de la publicité à moindre coût...
     Il y a quelques années, les media s'étaient largement fait l'écho d'un amusant sondage qui affirmait que "93% des conducteurs se disent courtois au volant". Pas de chance, je ne tombe en général que sur les 7% qui restent. Encore que... se dire courtois et être courtois sont deux choses bien distinctes.
     Ce que je trouve profondément aberrant, c'est quand ces deux paramètres se croisent. Quand un conducteur particulièrement mal embouché vous fait une queue de poisson, refuse une priorité, grille un feu, manque renverser un piéton... avec un véhicule de société. Cela revient à dire clairement: "la société Truc, joignable à telle adresse et tel numéro, n'en a rien à foutre de vous". Ils pourraient aussi bien choisir un doigt dressé comme logo...
     Je me demande si ce genre de publicité est rentable. Avec moi, c'est radical: je boycotte systématiquement les entreprises qui se montrent ainsi abjectes avec les autres. Mais comment les employeurs peuvent-ils ne pas voir à quel point engager des conducteurs dangereux et teigneux peut nuire à leur image?

     En même temps, la logique publicitaire de certaines entreprises me déroute. Il y a environ 20 ans, Mamie Nova était une grande marque de produits laitiers. Ils communiquaient sur le créneau "les mamies ne lui disent pas merci", parce qu'elle faisait des yaourts meilleurs que ceux de mamie. L'idée était bonne, décalée, et le deuxième degré fonctionnait à merveille.
     Puis, pour des raisons qui m'échappent, ils ont voulu innover en lançant une autre campagne. On y voyait des enfants déformés (comme à travers le judas d'une porte), laids et effrayants, avec des slogans comme "ma mamie, elle est dans le frigo". J'ai beau comprendre le deuxième degré, j'ai l'impression que cette campagne manque totalement son coeur de cible. Pire: elle rebute et dissuade la plupart des habitués de la marque.
     Les chiffres de vente ont baissé. De plus en plus, de plus en plus vite. Mais Mamie Nova s'est acharnée à continuer sur le même créneau. Des erreurs publicitaires et des campagnes contre-productives, on en a vu. Mais normalement quand on voit que ça ne marche pas, on fait machine arrière. Mamie Nova s'est entêtée jusqu'à ne plus représenter qu'une infime partie du marché. A ce jour, je ne comprends toujours pas ce suicide publicitaire. Le PDG est sûrement parti avec une belle indemlnité.
    
     Vingt ans après, on continue à voir les mêmes erreurs. Les grandes sociétés ont compris, et évitent soigneusement toute forme de publicité amusante, décalée, ironique, faisant appel au second degré. On reste bien politiquement correct et gentillet, avec des messages accessibles aux plus abrutis.
     Mais les très nombreuses petites entreprises continuent à faire de la contre-publicité pour elles-mêmes, en se montrant sur les routes dans des comportements méprisants et dangereux. Elles se petit-suicident. Tout cela me dépasse.
Par jfmop - Publié dans : billets d'humeur
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