Je sortais de l'adolescence. J'avais bien une petite amie, et nous faisions régulièrement
l'amour. Cependant, nous parlions peu de ces choses là : dans l'ensemble, c'était un peu toujours la même routine. Nous tentions bien une nouvelle position ou un geste encore inédit pendant les
ébats, mais sans en parler ou presque. J'ignorais beaucoup d'elle et des femmes en général.
Un après-midi, j'étais passé voir Laurence. C'est une fille qui a beaucoup compté dans ma
vie. Nous sommes sortis ensemble plusieurs fois pendant l'adolescence. C'est la première fille que j'ai embrassée sur la bouche, et je serais incapable de me souvenir du nombre d'occasions que
nous avons ratées de passer aux choses sérieuses. Elle m'aimait bien et était fière de me présenter à ses amis. Etudes prestigieuses, culture générale très vaste... Elle trouvait que je faisais
forte impression.
Je venais donc ce jour là comme à l'habitude, m'attendant à croiser deux ou trois personnes assez sympa et faciles à épater, ce qui me permettait de me mettre en
valeur à moindres frais. Mais ça ne s'est pas passé tout à fait comme je le pensais...
Il y avait là sept autres filles. J'étais le seul garçon. Nous nous sommes installés dans la chambre de Laurence, qui assis sur le lit, qui assis sur le bureau, qui
vautré par terre. Très vite, je me suis fait voler la vedette par la plus jeune demoiselle de la bande, une très charmante créature de seize ans, qui venait tout juste de connaître sa première
fois... Au départ, sa voisine lui a simplement demandé en aparté comment cela s'était passé, et très vite toute l'assistance était suspendue à ses lèvres.
J'étais terriblement gêné mais curieux. Jamais je n'avais entendu une fille parler de sexe. Ma présence me semblait incongrue. Comment pouvait-elle décrire ces
instants en présence d'un mec qu'elle ne connaissait pas ? Je me suis fait tout petit, par pudeur et parce que, à sa place, j'aurais sans doute été embarrassé. Evidemment, j'écoutais avec
attention. C'était l'occasion de savoir ce qui se passait de l'autre côté du miroir...
Ses camarades et elle ont commenté la « performance » du jeune homme de façon assez crue et cruelle. « Il arrivait pas à bander »... « Il aurait pu se retenir un
peu plus»... « De toute façon les mecs savent pas faire jouir les filles la première fois »... A ce moment là, j'ai senti en moi une forme de solidarité masculine dont j'ignorais l'existence, et
qui rétrospectivement me semble plus égoïste que fraternelle. Moi non plus, la première fois, je n'avais pas réussi à bander. Moi non plus, je n'avais pas fait jouir ma copine. D'ailleurs, je
m'apercevais que j'étais absolument incapable de dire si, depuis, je l'avais fait jouir vraiment, ni combien de fois, ni comment... Et ces commentaires des actes d'un autre m'ont mis face à mes
propres actes.
J'ai progressivement pris conscience de la responsabilité des hommes envers leur partenaire. Jusqu'à lors, il me semblait naïvement qu'il suffisait de pénétrer et
de limer un peu. Moi, je prenais mon pied, donc ma partenaire aussi. Elle ne s'était jamais plainte, n'avait jamais demandé autre chose... Donc je devais tout faire bien. Forcément.
Les autres se sont mises à tour de rôle à raconter elles aussi leurs premières fois et leurs expériences les plus décevantes. Et au fil de la conversation, je me
décomposais. Je ne connaissais aucune d'elles (à part Laurence), mais toutes décrivaient des comportements si proches du mien que ça aurait pu être moi... Et les reproches m'atteignaient
directement. « Les mecs veulent toujours qu'on les suce, mais quand il faut venir nous lécher ils veulent pas... ». « Ils savent pas caresser et faire monter le désir, c'est juste baiser et se
vider les couilles. Aucune douceur »...
A ce stade de la discussion elles m'avaient complètement oublié. Jamais de ma vie je n'avais entendu des mecs parler aussi clairement et crûment de leur sexualité.
Etre vulgaires et grossiers, oui, mais décrire leurs ébats et performances... Avec un tel luxe de détails... Moi qui croyais que les filles étaient des créatures angéliques ! Non seulement je
n'épatais personne aujourd'hui, mais j'avais l'impression de passer pour un tocard fini. Heureusement, personne ne semblait remarquer ma présence.
La plus jeune (celle par qui tout arrive...) a exprimé sa déception de voir que l'amour était si peu satisfaisant physiquement. Une de ses copines lui a dit qu'elle
n'avait jamais connu l'orgasme avec son mec, et qu'elle était obligée de « se finir » devant lui.
Cette réplique m'a choqué. D'abord, je n'avais jamais imaginé que des filles puissent se masturber. C'est absolument débile, je sais, mais je ne m'étais jamais posé
la question. De plus, l'idée qu'une fille puisse faire « ça » devant quelqu'un... Jamais je n'aurais osé me masturber devant ma copine. Et pour couronner le tout, elle en parlait ainsi, en
public, sans aucune gêne. (Je commençais d'ailleurs à trouver tout cela un peu castrateur et vexant: je sentais bien que c'était une conversation entre filles, et ma virilité était mise à
rude épreuve ; je n'existais pas).
Et voilà que la discussion a dérivé sur la masturbation. Ces demoiselles se sont mises à décrire et comparer leurs techniques. Une aimait s'introduire deux doigts
dans le sexe en agitant son clitoris. Une autre s'allongeait sur le ventre, les doigts de part et d'autre du sexe, et ondulait du bassin pour se frotter. Une autre encore alternait les mouvements
circulaires rapides et les longues caresses de l'intérieur des lèvres... Je bandais à n'en plus pouvoir, et je pense que je n'étais pas le seul à apprécier ces instants.
Mentalement, je prenais des notes : je comptais bien faire le nécessaire pour être mieux que tous ces types qu'elles assassinaient en paroles. Caresser ma copine, la
lécher, la masturber (en essayant toutes les méthodes une à une). On ne dirait plus de moi ce qu'elles étaient en train de dire des hommes.
A ce moment là Laurence (chère Laurence !) m'a directement apostrophé pour me demander comment je faisais, moi. Tout le monde, moi y compris, est revenu sur terre
d'un seul coup. C'était comme si je venais d'apparaître dans la pièce. Certaines filles se sont mises à rougir, d'autres à sourire parce que moi-même je devais être pivoine. Cet instant
interminable où les yeux étaient fixés sur moi, ces regards inquisiteurs de juges intraitables, et où on m'a demandé de m'exprimer, je ne les oublierai jamais. Je ne crois pas avoir connu autant
de trac dans ma vie. Mon érection est tombée d'un coup d'un seul.
Le plus étrange est qu'à aucun moment je n'ai envisagé de nier. J'aurais pu prétendre que je ne me masturbais pas. Mais cette réponse, en contexte, aurait paru
totalement invraisemblable et... ridicule. Tout le monde tenait pour acquis que je me masturbais, comme elles toutes. Et dans une inversion des valeurs qui me faisait voir que j'étais
effectivement passé de l'autre miroir, il m'est apparu que si je n'avais pas parlé de ce geste pourtant tellement intime et personnel que je ne l'avais jamais évoqué avec ma chérie, alors
j'aurais été indécent et déplacé. Seulement, que dire ? Face à la variété des méthodes pratiquées par ces demoiselles, il me semblait que les hommes ne pouvaient opposer qu'une seule et unique
manœuvre : on serre et on agite...
Ma réponse, évidemment laconique et minimaliste, ne les a pas contentées. L'une d'entre elles (que je n'ai jamais revue mais dont le nom reste à jamais gravé dans
ma mémoire) a alors « proposé » cette idée surréaliste : « Si il (on ne me parlait pas directement. Elle s'adressait à ses copines, je n'étais que l'objet de la discussion) ne peut pas mieux nous
expliquer, il n'a qu'à cas nous montrer ».
Cette suggestion a soulevé l'enthousiasme de ses voisines. Toutes ont trouvé cette idée excellente, et j'ai été sommé de me mettre à poil. Là encore, l'atmosphère
était irréelle. Je savais, intellectuellement parlant, qu'il m'était possible de refuser. Mais j'éprouvais une gêne morale, une sorte de scrupule indéfinissable qui faisait que ne pas me
déshabiller aurait été indécent. Par respect pour elles, pour moi, pour les valeurs de bien et de mal, c'était la chose la plus... raisonnable.
En enlevant mes vêtements, j'étais assailli de sentiments contradictoires. Quelque chose en moi disait qu'il n'était pas normal qu'un homme se désape devant des
filles, alors qu'une fille qui se serait dévêtue devant un public masculin ne m'aurait pas semblé déplacée... Du coup, mon comportement n'était pas celui d'un vrai mec. Etais-je gay ? (Quelle
drôle d'interrogation, entouré de huit filles que je désirais). Cela étant, elles ne sont pas comportées comme les publics de mecs avinés qui hurlent des insanités en guise de compliments aux
strip-teaseuses. Sous la pression, je ne bandais pas. La peur du ridicule a des effets secondaires. Pourtant, j'étais très excité.
Debout au centre de la pièce, j'ai commencé à masturber mon membre flasque, qui a commencé à prendre un peu de volume. Petit à petit, les regards fixés sur ma bite
ont produit leur effet. Aucune ne regardait mon visage. Cela m'a rassuré et j'ai durci. Le plaisir montait. Se masturber debout, c'est déjà compliqué. Mais le faire devant huit paires d'yeux
inconnus de filles excitantes et excitées, c'est une expérience troublante. Deux d'entre elles ont passé la main dans leur culotte... Je les voyais s'agiter et j'ai accéléré. Mais au moment
d'éjaculer, je me suis retenu : après leurs discours, il me semblait confusément qu'il était de mon devoir de tenir plus longtemps qu'elles. J'ai ralenti et j'ai passé ma main sur le gland, paume
vers le bas, pour calmer l'afflux sanguin. La jeune fille qui avait lancé le jeu a rompu le silence : « Ah ! Mais si ; il fait d'autres mouvements. Il a voulu nous le cacher, le coquin ». Vexé,
j'ai repris les va-et-vient sur la verge, mais le silence était rompu et elles se sont mises à commenter. « Il a une belle bite, quand même ». « C'est sûr qu'elle est plus jolie que tout à
l'heure ». « Il a l'habitude, le cochon, regarde ça ». « En plus il se branle devant nous. Tu crois qu'il pense qu'il nous baise une par une ? ».
Je ne tenais plus. Une curieuse alchimie de fierté, de honte, de désir de domination et de soumission mêlées, ajoutait à mon transport. Je me retenais de gémir,
mais je n'osais plus m'arrêter. Une pensée m'a traversé l'esprit, sitôt chassée par le fantasme de l'une d'entre elles penchée en avant pendant que je la prenais en levrette, alors que sa copine
me caressait les couilles : étais-je en train de tromper ma petite amie ? Je n'avais de relation sexuelle avec aucune d'entre elles (mais dans ma tête elles y passaient toutes). Pourtant, je me
lâchais devant elles plus que je ne l'avais jamais fait avec ma chérie... Une autre inquiétude plus pressante s'est imposée de fait : j'étais à deux doigts d'éjaculer, et vue la situation je me
doutais bien que je risquais de cracher une belle quantité... Mais je ne pouvais tout de même pas les asperger, ou gicler sur la moquette. Et il va sans dire que l'option la plus sage (tout
arrêter là) n'était pas envisageable. J'ai dit « je vais jouir », en espérant que ce simple avertissement résoudrait le problème et que quelqu'un ferait le nécessaire à ma place. Je rêvais que
l'une des filles s'agenouille pour m'offrir de me décharger dans sa bouche...
Deux se sont bien approchées, mais pas pour m'aider. L'une a passé ses mains sur mes fesses en commentant « il a le cul tout contracté, ça doit être bon », et
l'autre pour effleurer mes couilles du bout des doigts en disant « vas-y, montre nous comment tu jouis, cochon ». Je n'ai pu retenir ni un cri ni les jets puissants qui ont éclaboussé non
seulement la moquette, mais les meubles et même le mur. Les jambes un peu molles, les mains poisseuses, j'avais soudain conscience de ce qui venait de se produire. Une des filles m'a offert des
mouchoirs en papier, et a nettoyé mes débordements dans la pièce (les autres ne semblaient pas vouloir y toucher...).
Puis, je me suis rhabillé et les filles se sont mises à parler d'autres choses. La conversation a pris un tour banal, presque anodin. Une heure après nous sommes
tous rentrés chez nous, comme si rien ne s'était passé.
Je n'en ai pas parlé à ma petite amie, ne sachant toujours pas si ce que j'avais fait entrait dans la catégorie tromperie. En revanche, et en partie pour me faire
pardonner cette faute dont elle ignorait tout, j'ai décidé de changer un peu mes habitudes avec elle. C'est une histoire que je garde sous le coude pour l'occasion...