Mercredi 26 novembre 2008
Je ne vais pas souvent à l'Eglise. Je vais dans les églises, pour visiter les monuments
historiques qui font partie intégrante de notre patrimoine. Mais il est extrêmement rare que je participe aux cérémonies, dont je ne pense pas beaucoup de bien.
Ca m'est arrivé pour des mariages. Mais je ne vais plus aux mariages par principe. Il ne reste
que les enterrements, et encore: pas tous. Peu de mes proches meurent, heureusement, et moins encore parmi ceux-là ont souhaité des funérailles religieuses... Dans le cas des personnes très
croyantes et qui ont toute leur vie manifesté une certaine ferveur bienveillante, je fais un effort. Sinon, faut pas exagérer non plus.
Il y a peu, un homme pour qui j'avais une grande estime et beaucoup de sympathie est mort.
Relativement jeune, sans aucun signe annonciateur. Sa famille, prise au dépourvu, s'est laissée convaincre par des "bonnes âmes" qu'il fallait passer par la cérémonie à l'église. Fragilisés, ils
ont accepté.
Par respect pour eux, par solidarité, et parce que je ne pouvais rien faire d'autre, j'ai
assisté à cette cérémonie. Et j'ai été scandalisé, outré, révulsé. Que certains croient en Dieu, c'est une chose. Qu'ils aiment se réunir dans des cérémonies rituelles, je veux bien. C'est leur
problème. Mais là...
Le prêtre a fait un discours d'une bonne heure. Il a cité quatre fois le prénom du défunt. Et
encore, une de ces fois il a parlé de "notre ami...et très cher... bien aimé..." avant de finalement se souvenir du prénom en question. De toute évidence, l'identité du défunt n'était pas son
problème. Il était surtout là pour l'autre vedette du jour.
Dans le même temps, il a cité trente-sept fois (j'ai compté: je n'avais rien d'autre à faire)
Jésus. En rappêlant régulièrement qu'il était ressucité, revenu de chez les morts, revenu à la vie...
S'il avait voulu narguer les proches du défunt, il ne s'y serait pas pris autrement. Jésus est
revenu d'entre les morts, lui. Jésus est ressucité, lui. Mais notre ami et très cher bien aimé Bidule, il ne reviendra pas. Pas comme Jésus, qui lui est revenu à la vie...
On ne m'y reprendra plus, à mettre les pieds à l'église. Je crois finalement que NE PAS Y ALLER
est une meilleure façon d'honorer le défunt.