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Bienvenue sur mon blog

Je publierai ici les textes qui ne trouvent pas place sur mon site (jean-francois-mopin.com): nouvelles, billets d'humeur et autres. C'est un fourre-tout. N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires.
Jeudi 9 juillet 2009
Elle n'a pas eu la chance de voir Virginie grandir. C'est dommage, on ne pouvait pas rêver d'une meilleure mère.
Elle n'aura plus la chance de voir Morgane grandir. C'est dommage, on ne pouvait pas rêver d'une meilleure Mima.

Il y a une vingtaine d'années, nous avions vu ensemble une pièce qui s'intitulait Comment être une mère juive en dix leçons. Cela nous avait beaucoup amusés, et nous n'avons jamais cessé de plaisanter à ce propos depuis. Ils expliquaient qu'il n'est pas nécessaire d'être juive pour être une mère juive. Il n'est même pas indispensable d'être mère. La définition de la mère juive est la suivante: quand tu te lèves la nuit pour aller pisser, tu reviens, ton lit est fait.
Mon lit ne sera plus jamais fait la nuit. Et elle me manquera.
par jfmop - publié dans : vécu
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Mercredi 1 avril 2009

                Sur le chemin de Stevenson (GR70), Bruno Gasnier et moi avons croisé un randonneur qui faisait le parcours à l'envers. Jusque là, rien d'extraordinaire : les sentiers de grande randonnée peuvent être empruntés dans un sens comme dans l'autre.

                Le lendemain, nous avons croisé un marcheur qui, lui aussi, « remontait » le chemin. Nous avons eu l'impression de l'avoir déjà vu. Après quelques instants, nous avons simplement décrété qu'il ressemblait beaucoup au marcheur de la veille.

                Le troisième jour... nous avons à nouveau croisé ce marcheur, qui encore une fois voyageait à l'envers. Cela nous a semblé très étrange. La distance qui nous séparait aurait dû augmenter, et les chances de croiser deux fois (je ne parle même pas de le croiser trois fois) un homme qui marche dans l'autre sens que celui où vous marchez sont normalement nulles.

                Le voyant le soir au camping (dont il s'était éloigné toute la journée), nous l'avons abordé, pour éclaircir ce mystère. Il s'avère qu'il s'agissait d'un randonneur chevronné, habitué des randonnées et aventures autour du monde. Il avait décidé de faire le parcours avec sa femme. Seulement, ils ne marchent pas tout à fait à la même allure. Ils ont donc mis au point le système suivant :

                Lionel (c'est son nom, j'imagine que vous l'aurez deviné) quitte le camping en voiturer le matin, avec armes et bagages, et va poser la voiture au camping suivant, en fin d'étape. Ainsi, pas de matériel à transporter. Pendant ce temps, son épouse entame le parcours dans le « bon » sens, seule. Une fois prêt, il se lance à son tour sur le chemin, mais en partant de la fin. Sa femme et lui se rejoignent à mi-parcours. Puis, il rebrousse chemin pour marcher avec sa femme. Il fait deux fois la même partie du chemin.

                Le procédé est original, mais ingénieux. Et du coup, nous avons croisé Lionel presque tous les jours pendant notre périple. Cela nous fournissait une indication sur la distance qui nous restait à couvrir, et il nous donnait des informations pratiques sur ce qui nous attendait...

                Un soir au Pont de Monvert, nous avons partagé avec eux notre emplacement sur le camping (complet), et discuté un peu plus. Il nous a donné de nombreuses astuces pour faciliter la vie du randonneur (notamment, il m'a appris à régler mon sac à dos de façon à ne pas me fatiguer, et j'avoue que c'est nettement plus confortable quand on sait le faire).

                Mais Lionel est aussi un esprit pratique et créatif. Il a inventé un sac à dos composé de compartiments étanches (plus faciles à ranger et à l'abri des mauvaises surprises), tenus par une armature en aluminium spatial hyper léger, et... qui se transforme en lit de camp. On place les sacs sous le lit, une toile légère vient recouvrir l'ensemble (une seule épaisseur suffit, puisqu'il n'y a pas de toile de sol et aucun risque que l'eau suinte dans la tente...).

                Malheureusement, il n'a pas trouvé de distributeur pour son invention. Il faut dire qu'elle ne s'adresse qu'aux baroudeurs comme nous, qui nous déplacions en complète autonomie, avec des sacs de 20kg, dormant dans les campings ou la nature, mais pas à l'hôtel ou en gîte, comme la plupart des randonneurs. N'empêche : l'idée est brillante.

                Aujourd'hui, Lionel publie un petit fascicule purement utilitaire. Il s'agit d'un petit guide de voyage, qui permet de faire comprendre et de comprendre l'essentiel des informations pratiques. Il se compose d'une suite de pictogrammes, explicites et dont le sens paraît accessible quelle que soit la langue de votre interlocuteur. Je vous invite à jeter un œil sur son site : www.skippyglobetrotter.com

                Indépendamment de cela, Lionel a un autre mérite : avoir de ses nouvelles et écrire cet article m'a donné envie de raconter « mon » Stevenson. Je vais donc pouvoir nourrir ce blog bientôt...

par jfmop - publié dans : vécu
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Samedi 7 mars 2009
     Remarques liminaires:  *j'utilise le terme de pédé, parce que c'est sans doute celui qu'il aurait utilisé, lui. Par provocation, et parce qu'il n'avait pas peur des mots.
                                   *Il ya 15 ans de cela, j'ai fait un mémoire de DEA sur la politisation des mouvements gays. Je connaissais donc déjà un peu le sujet avant la sortie du film.

     L'Amérique d'Obama ose montrer que le problème racial n'est pas le seul problème de discrimination aux Etats-Unis. Les homosexuels aussi ont dû se battre pour leurs droits civils. Sauf que dans leur cas la discrimination n'est pas basée sur une couleur de peau mais sur ce que beaucoup, aujourd'hui encore, considèrent comme une totale immoralité, une déviance perverse.
      Le scénario est très habile, et crédible d'un point de vue historique. J'ai évidemment beaucoup apprécié la façon dont les fondamentalistes chrétiens, réactionnaires et intolérants au possible, sont fustigés. Il faut noter que le personnage de White, l'assassin de Milk, est représentatif. Au nom de valeurs morales et d'un Dieu terroriste, on tue ceux qui ne sont pas d'accord avec les préceptes les plus rétrogades d'une religion en mal de croisade et de chasse aux sorcières. Cette vision du monde est assez (trop) largement partagée par les américains en général: White n'a fait que cinq ans de prison pour ses deux meurtres. C'était il y a trente ans, certes, mais le gay-bashing était encore à la mode il y a quinze ans, et je ne suis pas persuadé que l'Amérique de Bush soit plus ouverte. L'ère Obama va-t-elle nous montrer un visage plus humain?
        Les homos sont dans l'ensemble bien présentés, mais trop facilement assimilés aux hippies à mon sens. Les tenants de la ligne plus discrète et respectable sont un peu rapidement caricaturés. Certes, ils étaient moins visibles, mais ils ont joué un rôle dans le mouvement gay. Car si Harvey Milk a été un personnage emblématique, il n'était pas non plus le seul leader gay. L'arrivée d'une gouine dans l'équipe, qui correspond effectivement au moment où les gays et les lesbiennes ont fini par s'allier, marque un grand bond en avant, et c'est en bonne partie grâce à elle que Milk réussit... C'est heureux, et ça montre que c'est en mettant leurs propres préjugés de côté que les minorités ont des chances de réussir.
        La réalisation, dans l'ensemble, est convaincante, quoique les effets pour vieillir l'image et lui donner un cachet d'image d'archive ne me semblent pas nécessaires. Le côté "that 70s show", sans l'humour, donne l'illusion que tout cela est passé, révolu. Et, d'une certaine façon, kitsch. De même, certaines scènes de baiser s'éternisent un peu. La complaisance du réalisateur déssert un peu son propos à mon sens. Il s'agit indiscutablement de la réalité des rapports amoureux entre hommes, mais il me semble que certaines longueurs étaient évitables. L'homosexualité est plus facile à défendre quand on met en avant les points communs entre tous les hommes que quand on insiste lourdement sur leurs fesses.
           Le choix des acteurs, enfin, est judicieux. La dernière séquence, qui montre les protagonistes historiques en regard des acteurs qui tiennent leur rôle, met en avant leur ressemblance physique. Mais le jeu des acteurs est irréprochable, je n'ai relevé aucune fausse note.
            L'inconvénient majeur du film, mais il est impossible de faire autrement, c'est qu'il nous parle des rouages d'un système politique qui n'est pas le nôtre, et que nous ne connaissons que très peu. Le terme de "conseiller municipal"  (traduisant "supervisor") pour désigner Milk est discutable. C'est un peu un maire d'arrondissement comme on en a à Paris. Mais pas tout à fait non plus. Bref: difficile de bien comprendre le rôle et le poids politique que cela représente.
par jfmop - publié dans : billets d'humeur
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Lundi 2 mars 2009
     Lancelot, le premier chevalier. Bon. Le scénario est déjà un peu discutable. La légende arthurienne est à tout le monde, et elle a été récupérée, remaniée, assaisonnée à toutes les sauces. Mais quand même. Une des grandes constantes de toutes les versions, c'est la fin. Arthur sur sa barge avec trois silhouettes féminines. Là, on le pose sur un radeau qu'on enflamme ensuite, à la mode viking. Alors qu'on a clairement dit à plusieurs que c'était un roi très chrétien. Et puis Lancelot survit à Arthur, qui lui a confié Guenièvre. J'imagine qu'ils vont vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants. Dont l'aîné deviendra roi. Car l'autre particularité de la légende, quelle qu'en soit la version, c'est qu'elle marque le passage d'une époque à une autre, avec la Terre qui se retrouve sans roi. L'héritier, Gauvain (qui joue ici un figurant) étant mort dans la quête du Graal. Comme cet Arthur-ci ne cherche pas le Graal, ça complique un peu tout... mais ça explique pourquoi il n'y a pas les fameuses trois femmes sur sa barge: ni Morgane, ni Viviane, ni Ygraine, (ni Merlin)...
      Mais le pire, c'est sans doute les décors et les costumes. Difficile de savoir à quelle époque on se trouve. John Boorman avait adapté l'histoire en la transposant au XVIème siècle. Ca vaut ce que ça vaut, mais au moins l'ensemble est cohérent. Là... Les intérieurs sont romans, les extérieurs gothiques dans certains bâtiments, et l'inverse dans d'autres. A Camelot, les grandes fenêtres sont fin XXème siècle. Alors disons que la légende est atemporelle, éternelle... avec des croix celtiques dans des églises gothiques. Comme ça, on peut aussi se débarasser des costumes. Les paysans sont vêtus comme à la fin du Moyen-Age, et les chevaliers... ben, les chevaliers, ils portent un joli uniforme de police du XXIIème siècle, sans armure, avec un casque. Lequel est le Chevalier au Lion, lequel le Chevalier Blanc? Aucun, ils sont tous bleus. Et ils mlettent des beaux costumes de dressage canin pour "courir la boulie" sur un invraisemblable parcours digne d'Indiana Jones.
     Alors disons que... et que... licence poétique, licence poétique. Et Excalibur, dans tout ça? Elle ressemble aux autres épées, et un gros plan nous montre bien qu'elle porte une croix sur son pommeau. Une croix. Excalibur. Dans les versions païennes, elle vient du Dragon (les puissances divines), par l'intermédiaire de la Dame du Lac. Et elle n'a certainement pas une croix chrétienne en décoration. dans les versions chrétiennes, c'est l'épée du roi Salomon. Qui vivait douze siècle avant Jésus...
     Ah! Mais, personne n'a dit que c'était Excalibur! En fait, cet Arthur n'a ni soeur, ni famille, ni épée, ni enchanteur... ni voix. Parce que Sean Connery, je l'aime bien, mais la voix qu'ils lui ont donné dans la version française! Franchement, ils auraient pu faire mieux!
     Alors voilà... j'aime beaucoup Sean Connery, et Julia Ormond est sublime dans ces costumes. Pour ces raisons et par charité, je m'arrête là. Encore un film qui aurait pû être réussi, si les producteurs avaient engagé un costumier et un décorateur au lieu de designers. Et peut-être quelqu'un qui a lu les légendes. Parce que Disney est plus crédible sur le contenu. C'est dire...
par jfmop - publié dans : billets d'humeur
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Mercredi 28 janvier 2009
     Nous croisons tous, tous les jours, des véhicules de société qui affichent fièrement le nom et les coordonnées de leur entreprise. C'est une façon de se faire connaître, de faire de la publicité à moindre coût...
     Il y a quelques années, les media s'étaient largement fait l'écho d'un amusant sondage qui affirmait que "93% des conducteurs se disent courtois au volant". Pas de chance, je ne tombe en général que sur les 7% qui restent. Encore que... se dire courtois et être courtois sont deux choses bien distinctes.
     Ce que je trouve profondément aberrant, c'est quand ces deux paramètres se croisent. Quand un conducteur particulièrement mal embouché vous fait une queue de poisson, refuse une priorité, grille un feu, manque renverser un piéton... avec un véhicule de société. Cela revient à dire clairement: "la société Truc, joignable à telle adresse et tel numéro, n'en a rien à foutre de vous". Ils pourraient aussi bien choisir un doigt dressé comme logo...
     Je me demande si ce genre de publicité est rentable. Avec moi, c'est radical: je boycotte systématiquement les entreprises qui se montrent ainsi abjectes avec les autres. Mais comment les employeurs peuvent-ils ne pas voir à quel point engager des conducteurs dangereux et teigneux peut nuire à leur image?

     En même temps, la logique publicitaire de certaines entreprises me déroute. Il y a environ 20 ans, Mamie Nova était une grande marque de produits laitiers. Ils communiquaient sur le créneau "les mamies ne lui disent pas merci", parce qu'elle faisait des yaourts meilleurs que ceux de mamie. L'idée était bonne, décalée, et le deuxième degré fonctionnait à merveille.
     Puis, pour des raisons qui m'échappent, ils ont voulu innover en lançant une autre campagne. On y voyait des enfants déformés (comme à travers le judas d'une porte), laids et effrayants, avec des slogans comme "ma mamie, elle est dans le frigo". J'ai beau comprendre le deuxième degré, j'ai l'impression que cette campagne manque totalement son coeur de cible. Pire: elle rebute et dissuade la plupart des habitués de la marque.
     Les chiffres de vente ont baissé. De plus en plus, de plus en plus vite. Mais Mamie Nova s'est acharnée à continuer sur le même créneau. Des erreurs publicitaires et des campagnes contre-productives, on en a vu. Mais normalement quand on voit que ça ne marche pas, on fait machine arrière. Mamie Nova s'est entêtée jusqu'à ne plus représenter qu'une infime partie du marché. A ce jour, je ne comprends toujours pas ce suicide publicitaire. Le PDG est sûrement parti avec une belle indemlnité.
    
     Vingt ans après, on continue à voir les mêmes erreurs. Les grandes sociétés ont compris, et évitent soigneusement toute forme de publicité amusante, décalée, ironique, faisant appel au second degré. On reste bien politiquement correct et gentillet, avec des messages accessibles aux plus abrutis.
     Mais les très nombreuses petites entreprises continuent à faire de la contre-publicité pour elles-mêmes, en se montrant sur les routes dans des comportements méprisants et dangereux. Elles se petit-suicident. Tout cela me dépasse.
par jfmop - publié dans : billets d'humeur
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